vendredi 30 novembre 2012

La Litanie du Soir

Il est tard, il fait noir
La fenêtre me renvoie mon regard
Je le vois trop tard, il est déjà parti

Il est toujours trop tard
La nuit ou le jour c'est toujours le soir
Si je vois la lumière c'est qu'elle s'est enfuie

Regard mon beau regard
Où est ton reflet que je ne peux voir ?
Et si je te voyais serais-je affaibli ?

Mais pourtant quelque part
Se porte l'attention de mon miroir
Dont je n'aurais jamais le vent jusqu'ici

Où est l'autre pour voir
Les indécisions de mon propre espoir
Cherchant la chaise où je resterais assis ?

J'écris comme une histoire
Dont la fin serait ce nouveau départ
Dont le début était la fin de ma vie

jeudi 18 octobre 2012

Quelques Haikus (4)

 La Grâce

Un nouveau Soleil
Pris par la grâce futile
De quelques démons




Tenez-les

Retroussez vos manches
La lubricité des mots
Bras de fer épique




Envolés

  Au dessus du sol
Et par une pause du temps
Rions des vivants




Allez...

Réveiller ses sens
Un bouquet sur le rivage
Entrons dans la transe




Avec un dernier mot

Saute dans le vide
Toute ta vie dans les yeux
L'horizon radieux
 
 
 

mercredi 3 octobre 2012

Quelques Haikus (3)

Oiseau

Oiseau déplumé
Bas des ailes et pleure encore
Plus bas que les hommes




Le Mouvement

  Le plancher qui grince
Son bois pris pour trop de feux
Leur prépare un trou




Égalité
 
Rétablis le son
Ceux qui aboient leurs malheurs
Ont quelques millions




Nuit

Au cœur de la nuit
Les images se dessinent
Plus qu'elles ne se voient




Sans Titre

Gravir les montagnes
Et plus près de la lumière
C'est l'air qui nous manque

lundi 17 septembre 2012

Tous les matins

Une lumière fade annonce le jour
Et l'air est déjà un peu lourd
Comment sortir, comment me voir
Sans transparence ou du retard?

Je n'ai pas dormi de la nuit
Mais tu as souri
A mes yeux d'ennui
Aucun espace
L'hiver me tend sa main
J'ai froid tous les matins

Comment survivre encore un an?
Chasser au loin l'effroi du temps
Si peu et beaucoup à la fois
Le repos ça n'existe pas

J'aurais besoin de la chaleur
D'un baiser du coeur
Sur mon âme en pleur
Où est ma place?
J'ai froid tous les matins
Aux vues du lendemain

mardi 19 juin 2012

Le Souffle


Rendez-vous sur la place
Où les gens se tueront
Nous serons faces à faces
Nous serons des millions

Ce soir encore vivaces
Ils tournent alors en rond
Derrière eux la crevasse
Les vents les conduiront

Marcher tant que ça passe
Tant que nous respirons
La route à la ramasse
Sous un Soleil de plomb

Que faire de nos carcasses
Chauffée par le béton
Autrefois fort en masse
Un souffle et s'en iront

jeudi 26 avril 2012

Une page pour eux

C'est une complainte
Sur un papier calciné
Une émotion feinte
Ou un chant guerrier
Voguant encore dans les plaines
Par les vents d'été
Ceux qui s'en souviennent
Devraient en pleurer

Les voix qui s'élèvent
Sont des échos de l'armée
Et l'oubli l'achève
D'un son étouffé
Le vent d'été est bien sec
Mais c'est sans danger
Et moi de mon bec
Je vais te manger

mercredi 21 mars 2012

Quelques Haïkus (2)

Image d'un soir

Un verre oublié
Entamé sur un comptoir
Quelqu'un pleure ce soir



La limite

Chantent les oiseaux
J'irai courir dans les bois
Sans savoir chanter



Le silence

Le silence est d'or
Il suffit de l'écouter
Rien de compliqué



Jalousie

Rongés par les vers
On écrira des chefs-d'œuvres
Dans le sang de l'autre



Laissez-nous

Un cri intérieur
Comprimé dans notre cœur
Laissez-nous nos heures

vendredi 9 mars 2012

Bout de film

J'avais vu la Lune pleine ce soir
Trainant dans la rue où je te laissai
Il y avait dans l'air un vieux polar
Déjà la pellicule s'abîmait

Je n'irai pas deux fois au cinéma
Cette histoire ne faisait pas de cadeau
Et demain quand je penserai à toi
J'aurai ma bouteille dans le caniveau

mardi 28 février 2012

Escapade

Laisser le temps passer dans le cerveau
Miroiter le sens de la vie sur soi
Et se noyer dans le reflet de l'eau
J'aime admirer mon orgueil dans le froid

Courir sur les murs de la déraison
Allumer des bougies du bon matin
Et se saouler de son propre poison
J'aime assouvir mon envie d'être sain

Finir l'histoire sur un chemin battu
Refroidir un peu le vent de l'espoir
Et s'en aller sans avoir été vu
J'aime embellir le jeu d'un peu de noir

mercredi 15 février 2012

Quelques Haïkus

Mauvais Cap

Sur un mauvais cap
Les lumières veulent se faire voir
Parfois l'ombre accueille




Respire

Laisse goutter ta peau
L'eau qui les jours t'éclabousse
Sera terre la nuit




Neige

C'est derrière la neige
Que peut se cacher enfin
L'horreur inventée




Miroir

Sur un autre monde
Les oreilles se sont bouchées
En miroir immonde




Crise de foi

 Une vie sans odeur
Comme un bonheur imprimé
Qui ne se mange pas

lundi 13 février 2012

Demain peut-être

La tige aussi sèche que l'eau du désert
Et le pollen absent de la montagne
Je reflète la mort sur toute terre
Je suis dans les profondeurs abyssales
De l'intelligence

Les mers aussi noires qu'une nuit sans Lune
Et la superbe absente des volcans
Je reflète toute une histoire qui brûle
Je suis juste à côté de vous pourtant
C'est sans importance

mercredi 25 janvier 2012

Couloir

J'ai les yeux ouverts alors qu'il fait nuit
Un monochrome noir en guise de plafond
Un combat avec l'inconfort du lit
Et ton image pour seule consolation

J'erre comme un inconnu dans mon cerveau
Je crois trouver de l'or mais il est noir
Et le silence se met à mon niveau
Celui de la ville est fait de cafards

J'ai les idées noires et j'espère dormir
Pour arrêter tous ces faux espoirs
Alors que l'ennui me prend à mourir
Je crois t'entendre arriver du couloir

dimanche 8 janvier 2012

Notre agonie

J'ai écris des mots avec la terre
J'ai laissé le temps s'en nourrir
Et l'être humain n'a fait qu'en rire
En n'acceptant que sa lumière

On n'a plus le droit de dire non
La Planète s'est mise à pleurer
Et les eaux montent à nos pieds
Dans vingt ans peut-être au menton

J'ai perdu la foi mais tant pis
Je la recherche avec espoir
Je n'ai beau tâter que du noir
C'est que je suis encore en vie

On n'a plus le droit de dire non
La Planète s'est mise à pâlir
Nos puits commencent à se tarir
Dans cent ans même plus de charbon

On n'a plus le droit de le nier
Nous verrons nos enfants nous dire
Qu'on aurait jamais pu faire pire
Dans mille ans serons-nous dressés?