jeudi 12 mai 2011

Histoire de nuit à 2h50 du matin

Il est tard. La nuit est d'encre, le silence d'or. Comme tout le monde.
Sur ma chaise depuis les premières heures de l'après-midi, je suis un survivant. Dans ce bâtiment, je suis seul.
Non! Des logements en face, j'aperçois encore trois lumières, pâles, luttant encore contre les doux démons de Morphée. Trois autres survivants. Trois carrées qui se perdent dans les profondeurs noires du béton blanc.
En bas, l'accueil est fermé. La vitre laisse transparaître le bureau, délaissé. Abandon.
Mais le distributeur à canette laisse planer une douce lumière ténébreuse dans la pièce. Les fantômes vont passer. L'espace est inquiétant. On s'y aventurerai presque.
Le long de la ligne d'horizon, je vois l'abandon de tout et de soi, d'inquiétantes lumières et de paisibles pénombres. C'est un beau moment d'harmonie visuelle, un beau moment de trouble psychique.
Quel dommage qu'il faille que tout le monde soit consciemment mort. 
Quel bonheur! La banalité du quotidien n'a pas besoin de grand chose pour devenir fantastique.

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