L'orée des bois est toute éclairée
Comme un lustre encore trop neuf
Si rien ne pouvait plus me toucher
J'irais là, gober son œuf
À qui est cette écharpe envolée
Que je vois danser là-bas ?
Comme une poésie murmurée
Aussi douce que la soie
Les roses ont poussé sur le sentier
Continuent de s'émouvoir
Je sens leur souffle chaud régulier
Sous le ciel d'un bleu noir
Nous sommes tous les deux des enfants
Nous voyons un peu trop grand
Si la Terre avait un grand fossé
Nous serions déjà tombés
Nous sommes tous les deux des déments
Nous dansons avec le temps
Si le monde avait vu son destin
Nous pourrions rêver enfin
mardi 1 décembre 2015
jeudi 29 octobre 2015
Après la nuit
Embourbé de la nuit dernière
La Terre a changé de sens
Hypersensible à la lumière
Je souris dans ce silence
Enivré de se retrouver
Encore une fois avec elle
Je ne vis que dans nos soirées
Et le désir éternel
Affamés de folles intentions
Assoiffés de chair humaine
L'oxygène que nous goûtons
Est le plat d'une nuit pleine
Je ne saurais plus rien décrire
Qui ne soit encore sensé
L'exubérance du désir
Des substances consommées
Le film est flouté, mal cadré
Il ne reste rien à voir
Nous avons simplement signés
La promesse d'un au revoir
La Terre a changé de sens
Hypersensible à la lumière
Je souris dans ce silence
Enivré de se retrouver
Encore une fois avec elle
Je ne vis que dans nos soirées
Et le désir éternel
Affamés de folles intentions
Assoiffés de chair humaine
L'oxygène que nous goûtons
Est le plat d'une nuit pleine
Je ne saurais plus rien décrire
Qui ne soit encore sensé
L'exubérance du désir
Des substances consommées
Le film est flouté, mal cadré
Il ne reste rien à voir
Nous avons simplement signés
La promesse d'un au revoir
mardi 6 octobre 2015
Comme un chanteur
Je te l'ai dit en m'enfuyant
Si je devais encore mourir
Je revivrais le châtiment
De te perdre en mes souvenirs
Comme un chanteur de top 50
J'écris simplement la tristesse
Et la pauvreté de l'attente
Est imprimée dans ma jeunesse
Je te l'ai dit je veux souffrir
Dans un sourire de beau parleur
Je préfère te voir t'endormir
Respirer encore dans mon cœur
La médiocrité est mon mot
Le défaut de ma création
Mais qu'il y-a-t-il de plus beau
Que de chanter la déraison ?
Si je devais encore mourir
Je revivrais le châtiment
De te perdre en mes souvenirs
Comme un chanteur de top 50
J'écris simplement la tristesse
Et la pauvreté de l'attente
Est imprimée dans ma jeunesse
Je te l'ai dit je veux souffrir
Dans un sourire de beau parleur
Je préfère te voir t'endormir
Respirer encore dans mon cœur
La médiocrité est mon mot
Le défaut de ma création
Mais qu'il y-a-t-il de plus beau
Que de chanter la déraison ?
jeudi 20 août 2015
Sa mélodie
Elle vit sa vie
Désenchantant l'Enfer
Elle vit à l'air
D'un nouveau Paradis
Elle croque aussi
La plus rouge des pommes
Elle joue en somme
Sa nouvelle mélodie
Désenchantant l'Enfer
Elle vit à l'air
D'un nouveau Paradis
Elle croque aussi
La plus rouge des pommes
Elle joue en somme
Sa nouvelle mélodie
jeudi 18 juin 2015
Les Champs décolorés
Devant les champs décolorés
Sous le Soleil gris de l'hiver
Si doux dans sa cage de verre
Si rugueux dans sa liberté
Je sais qu'il n'est qu'imaginaire
C'est pour ça qu'il ne s'enfuit pas
Si je m'en vais il me suivra
Car je ne peux pas m'en défaire
Il me fixe de ses yeux bleus
Seule couleur de ce paysage
Il est comme un mauvais présage
Il me renvoie mes jours heureux
Il n'est rien que je puisse aimer
Et tout ce que je dois chérir
L'espoir qui nous fait tant souffrir
L'incarnation de mes pensées
Sous le Soleil gris de l'hiver
Si doux dans sa cage de verre
Si rugueux dans sa liberté
Je sais qu'il n'est qu'imaginaire
C'est pour ça qu'il ne s'enfuit pas
Si je m'en vais il me suivra
Car je ne peux pas m'en défaire
Il me fixe de ses yeux bleus
Seule couleur de ce paysage
Il est comme un mauvais présage
Il me renvoie mes jours heureux
Il n'est rien que je puisse aimer
Et tout ce que je dois chérir
L'espoir qui nous fait tant souffrir
L'incarnation de mes pensées
lundi 15 juin 2015
Au revoir
Au revoir
Deux mots lâchés dans les airs
Quand s'est brisé le verre
Du miroir
Il fait froid
Dans les lueurs de l'aurore
Hier le Roi est mort
Vive le Roi
Deux mots lâchés dans les airs
Quand s'est brisé le verre
Du miroir
Il fait froid
Dans les lueurs de l'aurore
Hier le Roi est mort
Vive le Roi
mercredi 10 juin 2015
Bruissement d'aile
Si tu me disais comment voler
Comment retrouver mes appuis
Oublier la peur de tomber
La peur de se perdre au Paradis
Tétanisé de toucher le ciel
Tous les jours les murs se resserrent
La musique est un son partiel
Que je n'entends plus que de l'Enfer
Faut-il se défaire de ton image ?
Animé de tant d'impulsions
Le rêve s'essouffle en mirage
Le dernier avant mon extinction
Comment retrouver mes appuis
Oublier la peur de tomber
La peur de se perdre au Paradis
Tétanisé de toucher le ciel
Tous les jours les murs se resserrent
La musique est un son partiel
Que je n'entends plus que de l'Enfer
Faut-il se défaire de ton image ?
Animé de tant d'impulsions
Le rêve s'essouffle en mirage
Le dernier avant mon extinction
lundi 18 mai 2015
Ce rêve
Dans un rêve encore azuré
Je me balade de travers
Il s'est recouvert de poussière
Et je ne peux que m'en aller
Quelle est l'erreur à ne plus faire
Celle qui succombe à la folie
Transformant le calme en tonnerre
L'amour en un miroir d'ennui ?
Le cinéma des frères Lumière
Le noir et blanc est l'avenir
Plus court sera le souvenir
Dans un silence imaginaire
C'est ce rêve encore azuré
Maintenant trop grand pour me plaire
Quand je l'aurais abandonné
Je pourrais goûter à l'Enfer
Je me balade de travers
Il s'est recouvert de poussière
Et je ne peux que m'en aller
Quelle est l'erreur à ne plus faire
Celle qui succombe à la folie
Transformant le calme en tonnerre
L'amour en un miroir d'ennui ?
Le cinéma des frères Lumière
Le noir et blanc est l'avenir
Plus court sera le souvenir
Dans un silence imaginaire
C'est ce rêve encore azuré
Maintenant trop grand pour me plaire
Quand je l'aurais abandonné
Je pourrais goûter à l'Enfer
lundi 11 mai 2015
Le mépris
La goutte de pluie sur la joue
La chaise oubliée du locale
La pierre engluée dans la boue
Ou la miette du coin de table
Rien en commun et tout à voir
L'insignifiance à l'état pure
Et l'insulte de la mémoire
Le doigt d'honneur qui n'en a cure
Chassées du revers de la main
Regardées avec insouciance
Et quand on en parle à la fin
C'est pour oublier à l'avance
Le pouvoir de l'indifférence
C'est une ombre qui me sourit
On évoque mon existence
La quintessence du mépris
La chaise oubliée du locale
La pierre engluée dans la boue
Ou la miette du coin de table
Rien en commun et tout à voir
L'insignifiance à l'état pure
Et l'insulte de la mémoire
Le doigt d'honneur qui n'en a cure
Chassées du revers de la main
Regardées avec insouciance
Et quand on en parle à la fin
C'est pour oublier à l'avance
Le pouvoir de l'indifférence
C'est une ombre qui me sourit
On évoque mon existence
La quintessence du mépris
mercredi 29 avril 2015
Sans voix
Pensée dans la nuit
Et le vague à l'âme
Pourquoi
D'où que je regarde
Que des friandises
Jamais
Dans ma main
Pourquoi
L’artichaut dans ma poitrine
Le souffle du vent
Sur mes espoirs
Et le doute
Pourquoi
L'artichaut
Pourquoi la peur du vide
Pourquoi l'artichaut
Se refroidi
Tous les jours
Je la vois dans ma glace
Je la respire dans mon air
Je la goûte sur ma table
Comme une vieille amie
Indésirable
Indésirée
Tellement
Et moi donc
Comme une ombre
On me traine avec soi
Je la traine avec moi
Dans ma transparence
Je n'existe plus
Pourquoi suis-je muet
Pourquoi mes yeux ne voient
Que ce que je ne touche pas
Pourquoi cet artichaut
Et le vent froid
Pourquoi toi
Solitude
Es-tu si chaleureuse avec moi ?...
Et le vague à l'âme
Pourquoi
D'où que je regarde
Que des friandises
Jamais
Dans ma main
Pourquoi
L’artichaut dans ma poitrine
Le souffle du vent
Sur mes espoirs
Et le doute
Pourquoi
L'artichaut
Pourquoi la peur du vide
Pourquoi l'artichaut
Se refroidi
Tous les jours
Je la vois dans ma glace
Je la respire dans mon air
Je la goûte sur ma table
Comme une vieille amie
Indésirable
Indésirée
Tellement
Et moi donc
Comme une ombre
On me traine avec soi
Je la traine avec moi
Dans ma transparence
Je n'existe plus
Pourquoi suis-je muet
Pourquoi mes yeux ne voient
Que ce que je ne touche pas
Pourquoi cet artichaut
Et le vent froid
Pourquoi toi
Solitude
Es-tu si chaleureuse avec moi ?...
lundi 16 mars 2015
Espion malade
Je l'espionne
Depuis le premier jour je m'abandonne
Au renflouement de ma hantise
La bêtise
Je me perds
Dans le reflet de ma propre misère
Mes faits et gestes à l'identique
Sans le chic
Je m'amuse
Imaginant les plus vilaines ruses
Un mot d'excuse pour un mal
Viscéral
Jalousie
En ton nom me voici presque détruit
En m'enfuyant je m'emprisonne
Je l'espionne
Depuis le premier jour je m'abandonne
Au renflouement de ma hantise
La bêtise
Je me perds
Dans le reflet de ma propre misère
Mes faits et gestes à l'identique
Sans le chic
Je m'amuse
Imaginant les plus vilaines ruses
Un mot d'excuse pour un mal
Viscéral
Jalousie
En ton nom me voici presque détruit
En m'enfuyant je m'emprisonne
Je l'espionne
jeudi 12 mars 2015
Ma révolution
Souris pour moi dans ton nouveau bonheur
Tes yeux pétillants d'une envie sans fin
Je me demande quand viendra enfin
L'émeute de mes émotions
Continue ta vie de mille couleurs
Je ne perçois que du gris de chagrin
La paix sera signée au lendemain
De ma propre révolution
Tes yeux pétillants d'une envie sans fin
Je me demande quand viendra enfin
L'émeute de mes émotions
Continue ta vie de mille couleurs
Je ne perçois que du gris de chagrin
La paix sera signée au lendemain
De ma propre révolution
Dans l'oeil
Tout est calme et froid
Juché sur mon trône
Dans l’œil du cyclone
Il n'y a que le Roi
Si la pluie s'abat
Sur mon seul ennui
Dans l’œil qui me fuit
Je saurai rester droit
Empereur en verre
Comte de cailloux
Dans l’œil je suis fou
Amoureux de l'Enfer
Mon pouvoir m'enterre
Depuis l'Au-delà
Dans l’œil je me vois
Embrassant Lucifer
Tout est calme et froid
Sur mon seul ennui
Dans l’œil je m'enfuis
Pour ne plus être moi
Juché sur mon trône
Dans l’œil du cyclone
Il n'y a que le Roi
Si la pluie s'abat
Sur mon seul ennui
Dans l’œil qui me fuit
Je saurai rester droit
Empereur en verre
Comte de cailloux
Dans l’œil je suis fou
Amoureux de l'Enfer
Mon pouvoir m'enterre
Depuis l'Au-delà
Dans l’œil je me vois
Embrassant Lucifer
Tout est calme et froid
Sur mon seul ennui
Dans l’œil je m'enfuis
Pour ne plus être moi
jeudi 26 février 2015
Le Goût du passé
Le Soleil brille encore
Sur quelques vils tableaux
Ceux peints de nos deux corps
A la peinture à l'eau
La couleur se délave
Laissée au gré du vent
S'enfuit de ton enclave
Et luit au firmament
Je goûte aux souvenirs
Comme on goûte l'opium
Chaque fois pour mourir
Le plus heureux des hommes
Sur quelques vils tableaux
Ceux peints de nos deux corps
A la peinture à l'eau
La couleur se délave
Laissée au gré du vent
S'enfuit de ton enclave
Et luit au firmament
Je goûte aux souvenirs
Comme on goûte l'opium
Chaque fois pour mourir
Le plus heureux des hommes
mardi 24 février 2015
Grains de sable
La base
De l'édifice
Je m’érige comme un Dieu
Déchut
Sous terre
Les doigts et les lèvres bleus
Mortels
Au bout du compte
Mes rêves ont détruits le monde
Déçue
Enfouie
La petite voix profonde
Un Dieu
Et cette voix
Je suis ton inspiration
Écoute
Respire
La tombe est ta négation
De l'édifice
Je m’érige comme un Dieu
Déchut
Sous terre
Les doigts et les lèvres bleus
Mortels
Au bout du compte
Mes rêves ont détruits le monde
Déçue
Enfouie
La petite voix profonde
Un Dieu
Et cette voix
Je suis ton inspiration
Écoute
Respire
La tombe est ta négation
mercredi 11 février 2015
Une histoire et une page qui se tourne
Je m'appelle Arthur, j'ai 22 ans, je suis étudiant
en cinéma, écrivain et poète amateur à mes heures perdues.
Tout commença alors que j'étais en terminal, je ne
savais pas encore ce qui pouvait me différencier des autres, ces
autres que je trouvais immondes dans leurs uniformités, et ridicules
dans leurs spécificités. Moi-même, qui n'étais rien, je me
dégoûtais de ne même pas pouvoir faire parti de leur monde.
Je n'ai jamais su me faire facilement des amis, et à
l'époque ce n'était pas de ma faute, j'en étais persuadé. J'étais
de mauvaise fois avec moi-même.
En cette dernière année de lycée, une fille,
nouvelle en ville, nouveau visage. Occasion inespérée de nouer un
lien nouveau, alors que ma réputation de looser n'étais
plus à prouver chez les habitués... Et dans le même temps, un ami
écrivait des poèmes. Le pauvre, je crois n'avoir jamais réussi à
lui avouer à quel point je les trouvais... Moyens, dirons-nous.
Pourquoi je ne pourrais pas en écrire moi-même?
Après tout, je suis pas plus con qu'un autre. Je devais me prouver
que j'en étais capable, et ça pouvait m'occuper autrement l'esprit.
Pour l'occasion, je m'étais inscrit sur un site Internet
communautaire de poésie, Outre Rêve. D'ailleurs, j'étais sûr que
la nouvelle de la classe, appelons-la Suzanne - gothique, l'air
plutôt renfermée, et dont l'histoire vraie n'avait rien à envier
aux meilleurs scénarios mélo-dramatique rocambolesque de séries -
ne serait pas insensible au charme timide et fragile d'un homme qui
sache transformer les mots en des mondes.
Le début d'un renouveau. Après une année
sentimentale catastrophique, et à mon grand étonnement également
très productif en textes - je me découvrais une passion -, j'ai
finalement réussi à décrocher le baccalauréat, et le cœur de
Suzanne.
Nous étions si timides, et si tendres. On se
découvrait l'un l'autre petit à petit, passant des lycéens
amoureux aux amants fougueux, de la tendresse fragile à la tendresse
profonde, des yeux qui se croisent aux regards brûlants.
Entre temps il fallait bien aller à nos études
supérieurs. Elle partit à Lyon. Pour ma part ce fut Saint-Étienne,
en faculté d'arts-plastiques. On se voyait presque tous les
week-end. C'était parfait. J'ai rencontré des gens formidables lors
de mes 3 années d'études là-bas. Je me suis fait des amis.
Difficilement, mais sûrement, je commençais à prendre confiance en
moi, et les gens commençaient à me paraître moins immondes, moins
ridicules.
Et je continuais d'écrire sur Outre Rêve. Je ne
sais pas combien de textes j'ai pu poster, j'en ai perdu beaucoup
d'ailleurs. Beaucoup de déchets, donc finalement ce n'est pas si
grave. Mais j'avais la foi. Dans les encouragements que l'on me
donnait, dans les compliments que je recevais, et même dans les plus
salauds des commentaires, je savais que je progressais. Et surtout je
savais que j'étais lu, besoin égocentrique sans nul doute, mais qui
voudrait écrire ou parler éternellement à son ombre? Je n'étais
pas le plus fort pour commenter les textes des autres. Non pas que je
ne m'intéressais pas, mais certains savaient quoi dire, et moi je ne
savais jamais trop, à part quelques banalités. C'est toujours un
point sur lequel je me dois de travailler d'ailleurs, je n'ose
toujours pas assez.
A la suite de certaines frictions entre la
modératrice et quelques autres personnes, Le Comptoir des Lettres
ouvrit ses portes. Et je m'y suis engouffré dès le premier jour.
Imaginez l'excitation de participer, de voir grandir un site tout
nouveau, encore vierge, que moult écrivains en herbe, dont moi,
s'empresseraient d'y faire fleurir leurs plumes. Une vraie petite
aventure humaine, faite de pseudonymes et d'encre virtuelle.
Au terme de ces 3 années d'études, j'obtins ma
Licence d'arts-plastiques. Souhaitant changer de cursus, j'ai aussi
changé de ville, pour venir à Lyon. Je me suis réorienté vers le
cinéma. Une première année chaotique à bien des égards. Je
voulais directement aller en master, mais je dû repasser une 3ème
année de licence pour rattraper un peu de mon retard sur cette
formation. Niveau logement, le bordel, mais moi et mon meilleur ami
avons réussi à nous dégoter un tout petit studio étudiant prévu
pour la collocation. Une collocation intense : une seule pièce, donc
les 2 lits côte à côte. Heureusement qu'on s'aimaient bien!
Je voyais toujours autant Suzanne, les week-end,
mais alors que j'arrivais à Lyon, elle partait à Nîmes, pour ses
études. On passait nos grandes vacances ensemble, ça rattrapait le
temps qu'on ne se voyait pas le reste de l'année, pendant parfois 2
ou 3 semaines. Depuis le temps qu'on avait pris l'habitude qu'elle
vienne chez mes parents le week-end, elle avait très bien sympathisé
avec toute ma famille. Et je l'aimais comme un fou. Je ne lui
montrais peut-être pas assez... Quoiqu'il en soit, pendant que je
découvrais ma nouvelle faculté, elle découvrait le sienne. Et à
partir de là, quelque chose à vraiment changé.
Ce n'est pas que des problèmes n'étaient pas
survenus avant, on les réglait, ou on passait outre, on savait être
intelligents, mais elle se rendit compte à quelle point sa nouvelle
faculté était nulle, qu'elle est y perdait son temps. Et alors
qu'elle réfléchissait sur sa vie, comme une révélation soudaine,
des changements devaient s'opérer pour qu'elle puisse se sortir de
là, faire ce qu'elle voulait vraiment faire, avec pour objectif de
gravir le plus de marche possible vers la Réussite. Et il y avait
moi.
Au final je suis quelqu'un de simple. J'ai des
aspirations, évidemment, mais j'aime aussi ne rien glander,
m'amuser, regarder des choses futiles mais drôle sur Internet, jouer
à des jeux-vidéo... Mais il devenait de plus en plus évident, et
même ostentatoire, que je devenais un problème : il était hors de
question de se divertir comme le commun des mortels, la seule chose à
faire est de tout mettre en œuvre, à présent, pour réussir dans
la vie! Je devais changer beaucoup de choses dans ma vie et ma façon
d'être. Je devais bien sûr rester moi, mais d'une autre façon.
Devenir un autre homme. Non, plus précisément, et pour utiliser ses
mots : "arrêter d'être un gamin pourri gâté". Est-ce
que je vous avais dit d'ailleurs qu'elle se vantait de ne pas avoir
vraiment de famille, à part son frère, et que ça lui avait permis
de savoir se débrouiller très tôt toute seule? Moi je n'avais pas
eu de chance : j'avais un père et une mère, vous pensez bien...
J'avais réussi mon année universitaire, la rentrée
se faisait proche, et j'étais de plus en plus démuni avec Suzanne,
qui m'en demandait toujours plus. Pendant presque 3 mois
interminables, on ne s'embrassait plus vraiment, on se touchait
difficilement, et on ne faisait plus l'amour. Quel meilleur moment
que celui où je vomis mes tripes à l'occasion d'une indigestion
pour me dire qu'elle ne m'aime plus? Elle ne m'aime plus mais
attention : elle veut que je la fasse retomber amoureuse de moi. Si
tu ne m'aimes pas tel que je suis, je ne le pourrais tout simplement
pas, ça me semble logique, mais ça elle ne le comprenait pas : si
je l'aimais vraiment je devrais avoir la force de tout faire pour la
garder. Non, la force j'en avais plus, d'autant plus qu'elle même ne
faisait aucun effort pour me comprendre ; elle avait raison, toujours
raison. Et quand j'avais raison, j'étais un gamin, donc j'avais
tort.
On a rompu début septembre 2014, après 4 ans. Je
savais que c'était la meilleure chose à faire. C'était évident :
je ne pouvais rien faire de mieux que d'être moi, et elle ne pouvait
plus l'accepter. Mais j'étais quand même déchiré. Quatre années,
c'est long, et il y a tant de bons moments que je chéris encore...
Elle s'est trouvé un autre homme à peine 2 semaines après. Ça a
été le coup fatal. Je ne valais donc rien à ce point? Notre
histoire n'était tellement rien qu'elle puisse déjà la laisser de
côté pour quelqu'un d'autre? Ce qu'on a vécu était donc décevant
au point de dire au et fort sur ton réseau social que tu vois
l'avenir libre et magnifique, libérée de ton passé?... En si peu
de temps?...
Cela faisait pas mal de temps que je n'écrivais
presque plus, je crois que, entre ma collocation et mes histoires
sentimentales, je ne trouvais ni le moment ni la force d'écrire
quelque chose qui pouvait me plaire, et que je pouvais partager. Je
suis revenu à la charge à peu près à ce moment-là, en apprenant
une nouvelle fois que j'aimais ça, écrire des poèmes. Après ces
quelques temps d'absence, et la fermeture d'Outre Rêve, je me suis
rendu compte que j'aimais vraiment cette ambiance de partage, de
débat, d'écriture. Oh certes, je fais parti des timides qui se
montrent peu, mais c'en est pas moins sincère.
Depuis mes débuts sur Outre Rêve jusqu'au Comptoir
des Lettres, j'ai rencontré d'autres gens formidables : Bip...,
Bleuterre, Bosman, Facettes, Labuse, Laurenced, Little Flower,
Lolaaaa, Norah., Ombresque (ou Inki, ou Pendatce, ce con à tellement
de noms...), Tanagra, et d'autres que j'oublie forcément, et
globalement toute la communauté. Non c'est vrai, je ne les connais
que très peu, pour la plupart seulement grâce à leurs textes et à
leurs commentaires, mais je vous aime. Et qu'est-ce que j'apprends?
Comment? Ai-je bien lu? Oui, le Comptoir va fermer... Une nouvelle
page va se tourner. J'ai comme l'impression que le destin me demande
de faire peau neuve. En peu de temps je perds beaucoup. Et je dois
ajouter mon grand-père à la liste...
Ce n'est pas bien drôle, mais cela ne doit pas
m'arrêter. Ça ne doit arrêter personne! Il faut faire un deuil. Et
il faut savoir faire abstraction du passé, c'est sûr, mais il ne
faut pas l'oublier, jamais. Il y a trop de bonnes choses. Mais il
faut aussi continuer à avancer, sinon on ne devient plus rien et
tout ceci aura été vain.
Je vous raconterais bien la suite de l'histoire,
mais je ne la connais pas encore. Peut-être que pour certains ce
sera la fin, pour d'autres elle ne fait que commencer. A vous de voir
maintenant si ça vous dit qu'on la poursuive ensemble...
lundi 12 janvier 2015
Quelques Haïkus (6)
Un Réveil
Au levé de l'aube
L'ode d'un nouveau Soleil
Les mots se réveillent
Conquistadors
Un coin de cambrousse
L'insouciance d'un dragon
Des enfants grandissent
Petite Évasion
De plus en plus vite
Ordonnés dans un tumulte
Du calme et regarde
Un Écho
Des mots et des cents
Des pas foulant de vieux sols
L'oubli se raconte
Un Morceau de verre
A peine perdu
On cherche à nouveau l'amour
Dans nos souvenirs
mercredi 7 janvier 2015
Tour d'enfer
Un tour d'enfer
Retour du sort
En fer, en or
Un goût de terre
En chute libre
A cours d'effort
Moi je m'endors
Devant mon livre
La nuit je vole
Loin du trafic
Lueur cosmique
Cloué au sol
Ce tour d'enfer
En fer, en or
Reluit d'abord
Sans la misère
Retour du sort
En fer, en or
Un goût de terre
En chute libre
A cours d'effort
Moi je m'endors
Devant mon livre
La nuit je vole
Loin du trafic
Lueur cosmique
Cloué au sol
Ce tour d'enfer
En fer, en or
Reluit d'abord
Sans la misère
jeudi 1 janvier 2015
Elle
Tristesse et désespoir
Quoi, un peu de noir
Je suis sur le billot
Dépouillé de mon haut
Je m'accuse d'un crime
Je suis mon assassin
Voyez dans quel abîme
Plonge l’inopportun
Dans un passé omniprésent
De l'ombre de ma solitude
Juste une image d'un instant
Je me tue de ma désuétude
Déjà si loin de moi
Je reste trop près d'elle
Pourtant quand je la vois
Je suis immatériel
Je m'accrochais à l'aube
D'une histoire qu'on effleure
Mais les pages s'érodent
Elle a un autre auteur
Pauline est toujours vivante
Dans les méandres de mon âme
Elle soutient sa course enivrante
Je poursuis un hologramme
Mais Pauline, d'où tu es
Je suis parfois un mort-vivant
Dont les pas suivent les regrets
En colère et lentement
Quoi, un peu de noir
Je suis sur le billot
Dépouillé de mon haut
Je m'accuse d'un crime
Je suis mon assassin
Voyez dans quel abîme
Plonge l’inopportun
Dans un passé omniprésent
De l'ombre de ma solitude
Juste une image d'un instant
Je me tue de ma désuétude
Déjà si loin de moi
Je reste trop près d'elle
Pourtant quand je la vois
Je suis immatériel
Je m'accrochais à l'aube
D'une histoire qu'on effleure
Mais les pages s'érodent
Elle a un autre auteur
Pauline est toujours vivante
Dans les méandres de mon âme
Elle soutient sa course enivrante
Je poursuis un hologramme
Mais Pauline, d'où tu es
Je suis parfois un mort-vivant
Dont les pas suivent les regrets
En colère et lentement
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